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Homélie
de la messe 2011
Mes
chers amis,
Je
dois bien vous avouer en partant que
j’aurais préféré un autre extrait
d’évangile que celui que nous venons
de proclamer à l’occasion du 10e
anniversaire de l’effondrement des
tours de New York par des
terroristes.
En
même temps, je me dis que c’est
peut-être pas si inutile que
ça…C'est un texte qui est provocant,
dérangeant et qui peut nous remettre
en question… Parfois, nous entendons
dire que le Christianisme, c’est une
religion pour les faibles, les non
agressifs, les moutons qui n’ont pas
de colonne vertébrale… ou encore on
dit du Christianisme que c’est une
religion facile, peu exigeante, si
bien le monde peut faire ce qu’il
veut…
L’évangile d’aujourd’hui jette du
discrédit sur ces affirmations trop
rapides. Il est vrai que les deux
grands commandements de Jésus
gravitent autour d’un seul mot :
aimer… Aimer Dieu de tout son cœur,
de tout son être et aimer son
prochain comme soi-même.
Le
pardon tel que présenté par Jésus
aujourd’hui, se comprend à la
lumière de l’Amour que l’on dit
inconditionnel…Puisqu’aimer, c’est
l’acte le plus noble, le plus élevé
que l’être humain peut poser envers
l’autre, envers la société et envers
Dieu.
Pardonner à quelqu’un dans cet
esprit, c’est lui dire que notre
amour est plus grand que son erreur…
Pardonner, ce n’est pas une
approbation de la bêtise de l’autre,
ce n’est pas la permission qu’on lu
donne pour qu’il refasse la même
chose. Le pardon dans l’évangile
nous centre sur la personne à qui on
donne le pardon et non sur l’acte
posé par celle-ci…
Quelqu’un t’a volé tes sandales,
donne-lui ta tunique… on te
réquisitionne pour faire un mil, dit
Jésus, fais-en deux… Que ton amour
soit plus grand… Va plus loin que la
limite de l’autre…
D’ailleurs, Jésus a mis lui-même en
pratique son enseignement en
pardonnant sur la croix à ceux qui
le crucifiaient.
Pardonner ! Pas seulement une fois,
ni sept fois, mais sans cesse…
La
question que je me suis posée en
lisant l’Évangile d’aujourd’hui dans
le contexte de ce dixième
anniversaire est celle-ci : Peut-on
pardonner aux instigateurs de cette
tuerie qui a fait des milliers de
morts le 11 septembre 2001?
Jusqu’où va notre pardon…..
Peut-on pardonner le génocide des
camps de la mort, la participation
aux déportations des juifs ? Les
viols, parfois suivis de meurtres ?
Les abus sexuels que nous pouvons
lire dans les journaux et qui sont
faits même par des gens d’Église…
La liste des pardons difficiles à
donner est longue, et le
problème difficile à solutionné,
même si on se veut disciple de
Jésus. Jusqu’où va notre pardon…..
Nous serions portés à mettre une
limite au pardon…Nous avons de la
difficulté à pardonner une fois….
La loi du talion : œil pour œil,
dent pour dent, pourrait devenir
facilement notre référence morale…
Et pourtant ce n’est pas là
l’enseignement de Jésus…Ce n’est pas
là le message de l’Église, ni de
l’Évangile.
Je
crois qu’il faut faire preuve de
plus d’humilité et considérer que
nous ne sommes pas parfaits et que
l’erreur de l’autre pourrait être un
jour notre propre erreur. La
violence est peut-être dans notre
cœur, le non-respect de l’autre a
peut-être ses assises en nous, la
dictature est intéressante pour
celui ou celle qui a soif de
pouvoir…
Jusqu’où va notre pardon… il revient
à chacun de nous de faire le point …
De réfléchir là-dessus… et de se
laisser interpeller par le Seigneur…
*************
Je
voudrais dire quelques mots en
particulier aux pompiers/pompières
de la Ville de Lévis. Ce 10e
anniversaire est un peu spécial
pour nous puisque 343 pompiers sont
morts dans l’exercice de leur
fonction. La symbolique des ballons
nous rappelle leur présence…. C’est
probablement la seule fois dans
toute l’histoire des services
incendie qu’un nombre aussi
important de pompiers meurent dans
le même événement, en même temps.
Ces
pompiers savaient que c’était
dangereux et ils étaient animés, non
pas par la peur du danger, mais bien
par un seul désir sauver des vies,
sauver le plus de personnes possible
et ce qu’ils ne savaient pas c’était
le don de leur propre vie qui allait
se souder au destin de ceux et
celles qui étaient dans les tours.
Ils
sont devenus des héros pour tous les
pompiers, pour le peuple américain
et pour tous ceux et celles qui
partagent le même métier.
Aujourd’hui, ils nous enseignent, à
nous les pompiers, la prudence dans
la passion, la détermination à
vouloir vivre jusqu’au bout son
idéal.
Je
suis certain qu’ils pourraient nous
dire : continuez, vous avez le plus
beau des métiers. Soyez prudent,
faites tout votre possible pour
rendre service à votre population.
Ne faites pas de vos casernes, des
tours infernales… Soyez respectueux
entre vous…dans votre équipe, soyez
respectueux envers les
autorités…acceptez l’autre tel qu’il
ait… soyez compatissant les uns
envers les autres…soyez capable de
pardon.
Je
suis certain qu’ils vous diraient
regarder toujours en avant, avec un
esprit positif. Votre service vit
un moment de printemps soyez des
acteurs positifs. Soyez cohérent
dans votre discours et dans vos
actes… Continuez à bâtir votre
milieu de travail pour qu’il
devienne un milieu de vie où il fait
bon d’être ensemble. Ne gaspillez
pas ce beau métier par des
comportements irritants pour les
autres. Soyez unis pour garder en
vous et entre vous, le feu de la
passion et le goût de servir.
Amen.
Gilles Cloutier ptre.
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